Lire des oneshot est toujours, pour moi, une expérience intéressante et surprenante. Raconter une histoire à travers 5-6 chapitres, je trouve ça plutôt incroyable ! Comme toujours, je m’étonne de découvrir des mangaka qui relèvent ce défi haut la main. Et ici, c’est au tour de la mangaka FUSHIMI Ami. Et malgré ses dires dans la postface du manga – surtout pour une première série – c’est réussi !

C’est ma première série… C’était rude. “Arrangez-vous pour faire tenir tout ça en cinq chapitres et il n’y aura pas de problèmes !” Et pourtant, des problèmes, il y en a eu…

FUSHIMI Ami, “Show Me Love” Postface

Histoire

Nami est une jeune collégienne vivant seule avec sa mère, abandonnée par son père et en échec scolaire, échec dont elle se préoccupe peu. Tout juste installée dans un nouvel appartement, elle découvre que l’un de ses professeurs y habite également. Lui que l’on surnomme “L’homme au masque de fer” refuse toute interaction avec elle et se montre bien taciturne. Mais lorsque son jeune fils, Kenta, se mêle à cette rencontre, le trio ne met pas longtemps à devenir inséparable et panser mutuellement leur peine…

Autour du titre

Tout d’abord, et je tiens à le préciser, on rentre dans l’histoire d’une facilité déconcertante. Sûrement l’une des forces majeures du oneshot. Quand je vous dis que ce format m’impressionne…

Et avant de rentrer dans l’histoire, parlons esthétique. Car si le récit oscille entre des ambiances bien différentes, le trait de la mangaka est en accord avec celui-ci. Les traits peuvent être doux comme plus hachés voire parfois même tranchants (surtout au niveau de l’encrage). Rien de plus malin pour faire passer la violence des actions ou, souvent, l’instabilité émotionnelle de ses personnages. Le shôjo manga comme on l’aime.

Le trio

Le titre aborde le sujet de l’amour bien-sûr, mais plus particulièrement de l’amour parental lié étroitement à l’estime de soit. Le trio que forme les trois personnages offre trois points de vue “générationnellement” différents. Que ce soit celui d’une jeune adolescente perdue, d’un père célibataire solitaire et divorcé ou d’un enfant entraîné dans les problèmes parentaux, il apporte une clé supplémentaire permettant une triple “version” des thèmes abordés.

© 2017 Fushimi Ami, ASCII Media Works

À première vue, les personnages présentés dans “Show Me Love” peuvent sembler similaires à bien d’autres, dans leur caractère comme dans leur caractéristiques physiques. Mais si l’héroïne, Nami, diffère grandement des habituelles collégiennes fleuries et adorables, c’est surtout toute la sincérité du récit et des dialogues qui fera ressortir leurs charmes et la spécificité du trio.

Leurs situations et souffrances mutuelles fera que chacun apportera à l’autre, et peu importe l’âge, ce petit quelque chose pour les pousser dans leur retranchement ou les aider, même s’il faut aller jusqu’à les bousculer violemment pour cela.

Dur.. “Simple” et efficace

L’histoire, bien que traitant de sujets sensibles, est incroyablement efficace : on va à l’essentiel. Oui, dans “Show me Love”, on ne tourne pas autour du pot. Je dirais même que la violence, verbale ou physique, est une des forces du titre.

Mais oscillant entre douceur, humour et moments très durs, le récit se veut avant tout plein d’espoir. Le mieux encore, est de se laisser porter par l’authenticité de ce trio qu’on a du mal à laisser partir à la lecture de la dernière planche…


En résumé

Sincère, sensible et efficace, “Show Me Love” rejoint évidemment la liste de mes recommandations. Akata est l’un de mes chouchou, et ce sentiment progresse encore et toujours avec des titres comme celui-ci. Au travers des thèmes de l’amour parental et l’amour/l’estime de soit, le trio mit en scène dans ces planches des plus noires aux plus douces, mérite à lui seul un intérêt particulier. Et pour une première série nommée “Show Me Love“, elle mérite tout l’amour, ou du moins toute l’attention, qu’on puisse lui porter.

Points positifs
Points négatifs