Une pub de luxe pour la randonnée en montagne

Le studio 8 Bit nous emmène une troisième fois sur les routes de montagne dans cette troisième saison de la saga "Yama no Susume", une promotion en or pour le tourisme au Japon…

À savoir : Aucune comparaison au manga ne sera mentionnée. Tous les points soulevés concernent uniquement l’adaptation animée.

Une publicité maligne

De nos jours, beaucoup de titres (et plus particulièrement les séries) ont un but promotionnel. Des fois, la série a pour but de faire vendre son œuvre d’origine (manga, roman…) et n’adapte dans ce cas qu’une partie de l’histoire en créant parfois même une fin alternative. D’autres fois, la promotion est tout autre : elle concerne plutôt la promotion d’une ville ou d’une activité.
Mais ici, avec “Yama no Susume“, nous sommes dans un double cas ! Ici, les stars de l’œuvre, adaptée du manga éponyme de Shiro, ce sont surtout les montagnes du Japon : on cherche à promouvoir visites et activités autour de lieux réels pour accroître le tourisme et apporter des anecdotes. Malin !

À savoir
Toute série animée (non originale) est une sorte de promotion pour son manga d’origine, s’il en existe un. Cependant, le marché de l’animation souffre aujourd’hui de cette trop forte promotion inversée. En effet, une adaptation animée fait grimper les ventes du manga mais les ventes des DVDs reste trop faible en comparaison.

Une promotion qui ne s’en cache pas !

Un projet sans prétention…

Je n’ai personnellement pas eu l’occasion de voir les deux précédentes saisons de la série. Je découvre donc la saga pour la première fois avec cette troisième saison. Sans même lire le synopsis, on devine en quelques secondes l’esprit “guide touristique” de la série. Les personnages semblent parfois incrustés maladroitement sur des décors qui sont, sans l’ombre d’un doute, la reproduction de photos prises par les équipes de réalisation lors d’une “location hunting” (ou “chasse aux décors/endroits“).

Vous la sentez, l’incrustation des personnages sur des photos re-dessinées là ?

Ici, l’aspect promotionnel s’installe autour d’une histoire d’amitié entre plusieurs jeunes collégiennes qui partagent la même passion pour la “randonnée” (au sens large) et la découverte de nouveaux endroits. Une trame scénaristique simple pour permettre une contextualisation facile du sujet à promouvoir : on remarque assez clairement que la série n’a volontairement pas cherché à masquer, ou simplement minimiser, l’aspect promotionnel de l’activité.

Avec “Yama no Susume“, nous voilà donc face à une série qui ressemble à une géante promotion offerte par l’auteur du manga originel. Malgré tout, difficile de critiquer les fins de l’œuvre quand celles-ci sont tout à fait respectables. Faire la promotion d’une activité touristique (et du manga) via un média qui fait partie du patrimoine du pays… C’est carrément astucieux ! Même si les décors sont parfois un peu grossiers et l’incrustation des personnages y est parfois maladroite, on sent que le projet transpire de bonnes volontés (couleurs, lumières…).

Voilà ! Ça, ça donne envie ! C’est super dangereux, mais c’est joli !

… qui amène à la principale problématique !

En résumé, la série est sans grande prétention et ne se cache pas vis-à-vis de son but publicitaire. À la vue de l’ambiance graphique, des décors, et de l’animation, le budget dont dispose le studio semble plutôt modeste et c’est tout à leur honneur. Ce n’est pas grandiose, mais pas médiocre non plus. Et niveau contenu, moi qui suit amoureuse du Japon et de sa culture depuis mon enfance, je ne peux qu’apprécier les petites anecdotes locales et culturelles offertes par la série.

Vous avez entendu la pub ? Hop, filez au mont Tsukuba !

Malheureusement, ce genre de série est celui dont je me lasse le plus facilement. La trame de l’histoire semble, de mon point de vue, trop faiblarde pour garder un intérêt sur l’intégralité de la saison aux côtés de décors, bien qu’essentiels pour la promotion des lieux, trop grossiers pour avoir une raison de rester. Bizarrement, la série n’a, en l’état, aucune plus-value face à un documentaire lambda sur le même sujet. On se sert de l’anime comme d’un média publicitaire mais sans se servir de ses outils : c’est là que le manque de budget ou d’ambitions sur le projet devient frustrant.

Donc à gauche, c’est un véritable sentier du mont Tsukuba. À droite, c’est de la merde.

Un autre exemple qui démontre ce manque : le format. Les épisodes de la première saison ne dépassaient pas les 5 minutes, et nous voilà au format 15 minutes depuis la saison 2. Le format a augmenté, mais s’il reste plus court que la normale (20-25 minutes), c’est bien parce que le contenu est trop faible pour faire plus.

Des personnages pas vraiment adaptés

Parmi les quelques problèmes soulevés précédemment, le choix de la tranche d’âge des personnages est celui qui me chagrine le plus… Vis-à-vis de l’activité promue, pourquoi choisir des personnages si jeunes ? Je ne sais pas si c’est le chara-design très Moe (mignon/enfantin) de Matsuo Yuusuke (Saga “The IDOLM@STER“) qui accentue le côté jeune/innocent des personnages, mais des lycéens au minimum (voire étudiants), me paraissaient plus adaptés à l’activité.

Et même si certains vont me trouver rabat-joie, ça n’inquiète personne d’autres, deux jeunes filles seules dans les montages la nuit ? Ou même à n’importe quelle heure de la journée ! Avec leurs bouilles de CM2, on dirait qu’il manque un accompagnateur… Et même si elles faisaient plus matures, ça reste dangereux. Alors je sais que ce sont des zones touristiques, mais là encore, le problème de l’âge refait surface. On attend presque le moment où ils appellent “Sam le pompier” pour venir les aider…

La classe verte de Miss Praline vous présente : “Vive les montagnes ! Yeah ! <3”

De plus, des personnages plus âgés offrent, dans ce contexte, des opportunités scénaristiques plus riches, ce qui aurait pu combler les problèmes cités plus haut. Alors attention, je ne parle pas de maturité, mais de capacité. Si elles étaient plus âgées, l’aventure touristique pourrait être plus poussée. Hors ici, en les voyant crapahuter avec leurs mini-jupes et leurs bouilles rosées, j’ai plus l’impression de regarder les archives d’une classe verte de l’école primaire du coin.

D’un autre côté, de jeunes protagonistes permettent aux spectateurs de la même tranche d’âge de s’identifier à eux et la série touche ainsi une cible particulière. Malgré tout, une pluralité d’âges et de genres (garçon/fille) vis-à-vis des protagonistes apporterait peut-être une trame globale plus intéressante ?