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Cowboy Bebop

— Ticket doré vers le meilleur anime ? —

Cowboy Bebop

L’histoire se déroule en 2070, la conquête de l’univers s’est développée grâce à la technologie de “gate” qui permettent les voyages hyperespace. Le premier essai fut un fiasco et la Terre fut assaillit par les débris, la rendant quasi inhabitable…

Il est minuit et demi, le bar va fermer et je n’ai pas envie de rentrer.
Le goût du tabac dans la bouche et le whisky sur mes lèvres sont comme deux encres qui m’empêchent de décoller du zinc. Mon bras que j’ai pourtant fait réparer avant hier me fait une douleur de chien au niveau de la connexion épaule. Pffff. De toute façon j’ai pas assez d’argent pour retourner à la clinique de Ganymède. Les primes se font rares en ce moment, les gens ont décidé d’arrêter de s’écouter visiblement.
La télé est d’ailleurs coupée. Le showTV BigShot est même suspendu de la diffusion comme il n’y a plus assez de têtes mises à prix !
Le barman à embaucher un guitariste avec un harmonica pour remplir un peu l’espace enfumé. Et il est bon le jeune. Un blues comme il y a 120 ans. Quel gâchis qu’il n’y ait que moi et ces trois vieux édentés qui jouent aux cartes pour l’écouter.
Baigné par une lumière chaude, le visage dans la pénombre. Un mystère embrumé, fantôme d’un autre temps…
Sur cette mélodie de très vieux westerns, je soulève mon chapeau et je me lève.
Un signe de la main, une poignée tournée et me voilà au frais, une flotte torrentielle qui va me rincer avant que j’atteigne mon vaisseau s’abat sur moi.
Je jette un coup d’œil par la fenêtre, vers l’intérieur du bar, le jeune continue de jouer. Je souris. Mélancoliquement.

See you,
Space Cowboy.

Let’s kick the beat!

Cowboy bebop est un anime en 26 épisodes réalisé par Shin’ichirō Watanabe et diffusé par Sunrise.
Cette série mêle des genres différents du western au polar, film noir, science fiction, space opera le tout solidement bercé par des mélodies jazzy, blues et bebop.

Vous commencez l’aventure avec Spike Spiegel et Jet Black qui, ce dernier, possède le vaisseau dans lequel ils vivent, le bebop.
Ce sont des chasseurs de prime, et comme tout bon chasseur de prime, ces “cowboys” vivent une vie de vagabonds assoiffés d’aventures. L’équipage va grandir au fil de l’anime formant avec Faye et Edouard les quatre habitants du vaisseau, sans oublier Ein, le chien.

26 épisodes, 26 histoires folles !

Je pourrais vous raconter milles et une histoire, aventures de l’équipage mais l’univers de “Cowboy Bebop” est d’un tel délice, d’une telle profondeur détaillée qu’il serait maladroit de vous gâcher la découverte. Le principal reste à affirmer la qualité de la narration très inspiré du cinéma. Tous les clichés sont esquivés, et les similitudes avec la pop culture sont sans équivoque des hommages fabuleux et respectueux. Le fait que la série soit restreinte à 26 épisodes de 24 minutes complétés d’un film, empêche les errances et le remplissage dont sont victimes bon nombre d’animes.

Chaque épisode est une nouvelle histoire, une nouvelle ambiance, un nouvel univers musical. Et pour relier le tout, le lore de l’anime est d’une cohérence folle dans lequel s’échappent et se retrouvent les histoires des quatre héros. Petit point noir, auquel on s’habitue étrangement facilement, c’est l’extrême sexualisation de Faye, la part sexy de l’équipage. Une fois passé ce détails assez commun dans l’animation japonaise grand public, nous sommes percutés par les destins à la fois touchant, tragique, amoureux, loufoque et noir des protagonistes.
Disséminés ici et là dans les épisodes, ces histoires du passé qui resurgissent consolident l’attachement à ces personnages de prime abord un peu extraordinaire qui finissent par voir leurs vernis se fendre et dévoiler des êtres sensibles, assurément et profondément humains.

Du grand cinéma en Anime

Pour vous faire ressentir toutes ces choses, la mise en scène se doit d’être irréprochable et c’est précisément ce qui frappe le plus dans cowboy bebop. Vous vous faites embarquer dans une réalisation sans accroc, où chaque plan est très composé et exprime une vision inspirée de ce qui se fait de meilleur dans le cinéma. Cette richesse et cette concentration de moyens on les ressent dans l’animation qui est durant tous les épisodes d’une qualité rarement maintenue. Les mouvements corporels, les chorégraphies d’art martiaux et fusillades hongkongaises ou les dogfight spaciaux sont ABSOLUMENT MAGISTRAUX !

Un point à noter, c’est que l’anime répond dans son animation a une mode de l’époque tirée des années 80  et de ses visages grimaçant pour amorcer l’humour. Heureusement, c’est fait assez finement et ponctuellement que ça ne dénature pas le reste. Dommage toutefois car, a contrario, cela fait sortir du côté réaliste de l’anime. A noter l’utilisation très partielle mais présente de 3D lors des excursions dans l’espaces et passages des portails. Un rendu qui rajoute un petit quelque chose sans dénaturer nullement l’immersion voir même, cela amène un côté futuriste et en avance sur son temps intra et extra diégétiquement (l’anime est sorti 1998).

Jazz et Kung-Fu : les opposés s’attirent

C’est justement ici que je me dois de sortir l’un des plus beaux sinon le plus emblématique paradoxe de l’anime. L’opposition délectable de l’univers futuriste avec sa bande son rétro. Qui aurait pensé combiner une scène de kung-fu avec un Jazz endiablé ? Shin’ichirō Watanabe, fan de Bruce Lee et de Jazz l’a fait… et OH BON SANG que c’est bon!!!! Dernièrement c’est “Persona 5” qui a brillé en combinant ce genre de contradiction.

Ces moments d’actions musicales vous colleront à la peau, et au cœur, toute votre vie, comme une suite de madeleines de proust indéboulonnables. Imaginez que 20 ans plus tard, à l’écoute de certaines musiques mon cœur bondit, ma peau frissonne de la plante des pieds au haut de mon crâne et mon esprit est catapulté dans une douce folie quelque part dans notre système solaire.

Propulseur, OK! Canon, OK! Ailerons, OK! Cigarette, OK… C’est parti !

Conclure sur “Cowboy Bebop“, c’est comme chaque fois que je termine le 26ème épisode. Sur cet épique final. J’ai la poitrine qui tambourine, comme un enfant qui s’accroche à la poignée de porte, je ne veux pas partir. Je ne veux pas laisser cet anime du passé repartir dans le silence. Comme si je mettais en péril sa subsistance à travers le temps. Comme un grand père qui s’en va, fier de ce qu’il a accomplit. Quand vous, de votre côté, vous ne pensez qu’à la nécessité que cette oeuvre d’art traverse les âges et transcende toutes les générations. Quitte à s’opposer à tous ces nouveaux formats à rallonges, stéréotypés, cloisonnés où encore d’aller défier les grands anime modernes.

Verdict

J’ai toujours tendance à lâcher cette maladroite réplique condescendante : “Cowboy bebop” est à “Death Note” ce que “Breaking Bad” est à “TheWire“. Un choix populaire correct pour qui ne connaît pas l’excellence. Donc si vous avez ADORÉ “Death Note“, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Pour info, Netflix distribue “Cowbow Bebop” sur sa plateforme en VOSTR ! Et….juste par curiosité, lancez le générique de début !

Points positifs
Points négatifs

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